Internet des Objets (IdO): simple évolution ou Révolution ?

Le sujet m’intéresse depuis plusieurs mois (j’ai déjà posté ici, en septembre,  plusieurs articles sur le sujet).

internet des objets (idO): l’impact sur les sites web
La domotique internet des objets

 

J’ai également été sondé par une grande entreprise travaillant dans les infrastructures électriques et numériques du bâtiment sur le futur de la domotique appliquée au grand public.

Le sujet de l’internet s’affranchissant du socle PC ou ordinateur et même du socle portable (mais n’allons pas trop vite) est donc un sujet d’actualité. L’essaimage de l’internet dans nos vies quotidienne est même le sujet d’une discussion entre Loïc Le Meur (que je ne présente plus) et  Cédric Hutchings, co-fondateur de Withings.

Mais qu’entend-on véritablement par Internet des Objets ? Quels sont les secteurs les plus porteurs ?

L’Internet des objets est un concept à périmètre mouvant

Selon la Commission européenne qui a lancé en avril 2012 une grande consultation sur le sujet, le concept d’IdO recouvre trois types de communication qui peuvent être établies dans des zones restreintes (« intranet des objets ») ou publiques (« internet des objets ») : soit d’objet à personne; soit d’objet à objet; soit de machine à machine (M2M).

C’est par exemple le téléphone portable qui intègre un appareil photo et une connexion Internet, le compteur électrique « intelligent » qui permet de maîtriser sa consommation en temps réel, mais aussi tous les « objets intelligents » que l’on retrouve dans les secteurs de la logistique, de l’industrie manufacturière ou dans la vente de détail. Loin d’être circonscrite à l’idée, encore quelque peu prospective, d’objets connectés à Internet et dotés d’une adresse IP unique, cette acception d’un IdO à géométrie variable et évolutive est aujourd’hui la mieux partagée.

L’Internet des Objets du quotidien

A en croire Loic Le Meur, organisateur de la conférence LeWeb12 dont le thème principal est l’Internet des Objets (IdO), il s’agit là « d’un mouvement de fond. C’est tout simplement le thème qui suscite le plus d’activité entrepreneuriale dans la Silicon Valley cette année.

Plus de la moitié des dossiers sont liés aux objets connectés, enrichis par leur connexion à Internet et leurs interactions avec les autres internautes. L’Internet des objets, c’est la conjonction du matériel et du logiciel, enrichi par nos interactions sociales sur le web ou le mobile », explique-t-il. Si l’on comprend l’engouement de l’entrepreneur de San Francisco, on prendra soin de tempérer quelque peu cet enthousiasme tant la Silicon Valley, référence entre toutes, s’y connaît pour générer à espaces réguliers des bulles tout aussi bien technologiques que spéculatives.

Il n’en reste pas moins que l’Internet des Objets fait son chemin dans notre quotidien. Le phénomène trouve son origine dans le M2M traditionnel (la communication entre machines) grâce notamment à une technologie comme la RFID, utilisée dans la gestion de flottes de véhicules, la traçabilité, et le cycle de vie des objets.

Mais l’IdO symbolise désormais cette société connectée faite de QR Code, de carte SIM, de code à barres 2D, et de NFC, dont les applications pratiques se multiplient chaque jour. « En magasin, hormis le traditionnel passage en caisse, on assiste ainsi à la montée du e-couponing », souligne Nicolas Pauvre, Chef de projet Innovation et Technologie de GS1, un organisme mondial actif dans le domaine de la normalisation des méthodes de codage utilisées dans la chaîne logistique.

Une croissance mondiale rapide du marché

Que l’IdO soit un segment de croissance important, cela ne fait aucun doute. Mais où se trouvent ses relais de croissance ? Au petit jeu des prévisions économiques le ciel est bleu et l’horizon dégagé.

Selon Gartner, en 2016, l’informatique « sur soi » (le « wearable » embarqué dans nos chaussures et autres accessoires divers) représentera une industrie de 10 milliards de dollars, selon Gartner.

Le 21 juin 2012, l’association GSMA prédisait qu’en 2020, l’impact commercial associé à la croissance des appareils connectés représenterait 707 milliards de dollars pour le seul marché chinois, contre 116 milliards de dollars aujourd’hui.

Quels secteurs sont les plus porteurs ?

L’automobile

Historiquement lié au développement de l’IdO via son segment M2M (la communication entre les machines) le secteur automobile continuera d’être dans les années à venir l’un des principaux relais de croissance (en volume) de ce marché. Et les évolutions législatives à venir n’y seront pas pour rien.

En Europe, la directive eCall devrait entrer en vigueur en 2015. Ce texte prévoit l’intégration dans toutes les voitures d’un module de communication (avec une carte SIM), un système d’appel d’urgence qui doit réduire le nombre de tués sur la route.

« Si l’on considère qu’il se vend chaque année en Europe près de 17 millions de véhicules, le calcul est vite fait », commente Samuel Ropert, analyste à l’Idate, pour qui des phénomènes comparables devraient être observés sur des marchés comme le Brésil et la Russie.

Les « utilities »

Second secteur en pointe : celui du « smart meter », du « smart grid », et par extension des « utilities ». Un marché où l’on retrouve par exemple, les compteurs électriques « intelligents », le Linky d’EDF dont le déploiement connaît aujourd’hui quelques ratés, mais pas uniquement. « Ce sont des outils d’optimisation, de maîtrise de la consommation d’énergie en temps réel, d’effacement des pointes et de la répartition de la charge, très prisés des collectivités locales », explique Rodolphe Frugès, Vice-President Internet of Things & MtoM au sein d’Orange Business Services. L’opérateur a ainsi crée m2Ocity, une joint-venture créée en partenariat avec Veolia.

L’électronique grand public

Troisième secteur à suivre, le « consumer electronic ». Le segment de marché des avertisseurs de radars Coyote, des solutions de localisation et de navigation, Garmin ou TomTom, mais aussi des liseuses électroniques, ou de la logistique des dosettes de machines Nespresso en milieu professionnel (hôtellerie, restaurant d’entreprise, secteur hospitalier).

Les transports

D’autres domaines sont à suivre. Le transport (suivi des bagages), la sécurité (la vidéosurveillance en milieu industriel, et pour les résidences secondaires) ou bien encore les transports publics, champ de déploiement de la technologie NFC (pour du paiement sans contact) ou des codes 2D initié par exemple à Paris par la RATP dans le cadre de l’information des voyageurs.

La santé

Enfin la santé. Via une forme de télémédecine où l’on retrouve d’un côté grâce à une connexion à distance le traitement des maladies chroniques (comme le diabète, ou l’apnée du sommeil). « On peut alors mettre en place un suivi médical, optimiser les soins et rassurer les familles sans être obligé d’effectuer des visites », souligne Rodolphe Frugès, vice-president Internet of Things & MtoM au sein d’Orange Business Services.

De l’autre cette nouvelle forme de télémédecine peut s’avérer utile en cas d’accidents de la route. « Pour des soins de première urgence, l’arrivée de la 4G est une très bonne nouvelle, car cela permettra grâce à la vidéo à un chirurgien de prodiguer les premiers soins à distance avec l’assistance des services de secours », détaille Samuel Ropert, analyste à l’Idate.

Sources : LeWeb2012, Loïc Le Meur, JDN

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